Les vertus conjuratoires des poupées de Nedjar


Les vertus conjuratoires des poupées de Nedjar

Michel Nedjar, Collection de l’Art Brut, Lausanne

Written by Lucienne Peiry in Article Portrait

23 octobre 2017

Michel Nedjar convoque le monde des disparus avec ses poupées-fétiches. Celles-ci sont confectionnées à l’aide de vieux chiffons – le shmattès en yiddisch – et de vêtements usagés superposés, cousus, ficelés, voire bâillonnés, auxquels il amalgame des agrégats de bouts de bois, de paille, de ficelle et de coquillages, pour leur faire subir un bain de teinture puis de sang et de terre. Evoquant des cadavres brûlés et des corps mutilés, les fétiches macabres de Nedjar possèdent ainsi des vertus cathartiques et conjuratoires et semblent lui permettre d’exhumer les corps exterminés dans des camps – dont ceux d’une partie de sa famille déportée. Il confie lui-même, dans une lettre qu’il m’a adressé (décembre 2015) : « la poupée [sombre] – cette création-là –, c’est faire des nœuds avec le Royaume des morts. Pour tisser, solidifier l’étoffe de notre EXISTENCE ».
 
L’université de Nanterre  consacre son attention à la production de Michel Nedjar. La séance se déroulera en présence du créateur, Déborah Couette, Marc Décimo et Lucienne Peiry, le 15 novembre, au Musée du Quai Branly à Paris, 15h-17h.


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