La Robe de mariée dans un colloque international sur le corps


La Robe de mariée dans un colloque international sur le corps

Marguerite Sirvins, robe de mariée, Collection de l’Art Brut, Lausanne

Written by Lucienne Peiry in Article

4 novembre 2019

« J’ai tous les os brisés… le cœur est parti… même les os de la cage thoracique, je crois que je n’ai même plus de plexus solaire, on l’a transposé. [..] Quelqu’un a dû prendre mon nom, mon nom a dû être transposé. »

Les atteintes que Marguerite Sirvins éprouve lors de son internement à l’Hôpital psychiatrique de St-Alban, dans le sud de la France, sont essentiellement physiques, comme le révèle en 1937 son dossier médical. Alors âgée de 47 ans, internée depuis six ans dans un l’hôpital psychiatrique, elle clame qu’elle n’a « même plus de cœur » et qu’« on lui vole son cerveau ». Elle se sent dépossédée de ses organes internes, mais également de ses membres. Elle lâche : « Intérieurement je suis réduite à la plus simple expression ; c’est plein de vide. »

Marguerite Sirvins va trouver la matière première qui lui servira à réaliser sa parure nuptiale dans les fils de draps de lit de l’hôpital où elle est recluse, et qu’elle tire un à un avec soin. La créatrice tient à utiliser des draps usés et usagés qui ont été en contact direct avec la peau et qui portent les marques du temps et les empreintes de l’intimité physique.

Cette œuvre sera au centre de mon intervention au colloque international Perspective sur le corps en situation au CHUV à Lausanne.

Rendez-vous le 22 novembre à 11:00. Auditoire Charlotte Olivier.


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